Jusqu’au 18 mars, ULB-Coopération accueille 4 jeunes sénégalais·e.s de l’Université Gaston Berger (à Saint-Louis) et Institut Supérieur de Management (à Louga). Ces 4 jeunes font partie d’un groupe plus large d’une trentaine de jeunes de la région de Louga dans le nord du Sénégal, qui est une région particulièrement touchée par l’immigration clandestine. Beaucoup de jeunes quittent la région dans l’espoir d’une vie meilleure en Europe. Un programme financé par Wallonie Bruxelles-International et mis en place avec un partenaire sénégalais ADEV (Afrique développement) qui est à l’origine de l’idée.
En studio, Sokna, Fatou et Cheikh, étudiants à l’Institut Supérieur de Management (à Louga) ; Alioune, étudiant de droit de l’Université Gaston Berger (à Saint-Louis) et aussi de Daha Diallo, responsable de l’ONG ADEV.
Olivier Goka, Collection Vonpischmeyer, photographiée par Bernard Babette
Quatre interviews libres avec des objets : un masque africain, un brigadier, une chaussette, et un caddie de supermarché.
Concept et réalisation : Diana Duta
Avec : Bernard Babette, Dominique Noël, Angelique Cammarata, July M
Chanson thème : Roger Fähndrich
Musique de fond : Julia Dyck
Musique additionnelle :
Épisode 1 : Kgerere (Planting time), interpreté par Madhohu Rammutla, enregistré par Stanley and Elizabeth Glasser au Sheshego Hotel, Sheshego, Limpopo Province, Afrique de Sud, le 9 avril 1975, British Library Sound Archive
Épisode 2 : Patricia Escudero – Gnossienne I – 1890 (1987) ; des extraits du Monsieur Klebs et Rosalie, misé en scene par Jacques Rosny
Épisode 3 : Il Paradiso dei calzini par Vinicio Capossela ; Mission Impossible Theme: Violin Cover (Taylor Davis) ; Mission Impossible Theme / Marimba & Vibraphone Cover par Yuni Marmiba
Épisode 4 : July M – Coeur Médiateur ; The Wilhelm Scream Compilation
Merci à : tous les interprètes, Delta Namur, Julien van Anholt, et Juliette Joffé
Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles
Lieux Clos ou l’irrépressible désir de tous les corps.
Aujourd’hui, plus que jamais, le réel paraît irréel. La radio et la TV diffusent continuellement un décompte morbide qui se répète jour et nuit. Combien de lieux fermés, combien de rues souvent vides. Ce décompte traîne dans toutes les conversations. Dans cette irréalité, parfois très présente, parfois en toile de fond, dans cet accompagnement funèbre obsessionnel, sans cesse recommencé , surgissent huit personnes qui disent leur vécu et leur urgence de vie. Un inspecteur de police qui effectue une enquête sur mon immeuble suite à des plaintes de harcèlement et qui chante l’Hatikvah, un réfugié afghan rencontré au cours de ma drague quotidienne et qui se bat depuis presque dix ans pour obtenir un statut, un prostitué belgo-maghrébin , contacté par une annonce électronique, et qui me reçoit pour livrer ses écritures poétiques rageuses, un « escort » qui est le sujet d’un roman scabreux et qui m’oblige à écrire un chapitre en séjour à la Mer du Nord, un comédien converti à la religion juive, un écrivain flamand qui retranscrit les actes sexuels, un directeur de cabaret à l’agonie, un facteur qui prend la parole au cimetière pour rendre hommage à un de ses collègues qui vient de se suicider. Ce facteur est mon mari qui, jour après jour, dans son métier, prend des risques obligatoires.
Ils ne cessent de s’entrecroiser sans se voir et ne cessent de se répondre sans s’entendre. C’est mon voyage d’Ulysse.
Huit solistes en lieux clos mais qui l’ouvrent comme on tente de sortir d’une prison en brisant des barreaux souvent imaginaires. C’est le récit de l’intime qui casse les grilles. Huit appels à la vie, au centre du chœur de nos actualités d’épidémie mortelle . Huit actes et récits transgressifs qui font voler en éclats la décence des bien pensants et les interdits. Car dans un lieu clos, le désir ne peut que s’exacerber. Rappelons que dans les tranchées de 14-18, les soldats confinés écrivaient des lettres d’amour où l’acte sexuel était décrit de plus en plus explicitement, et sans plus de retenue, à leurs destinataires. Jean Genet, en prison, faisait parler sa bite en alexandrins dans « Un Chant d’Amour »… : « On peut se demander pourquoi les Cours condamnent un assassin si beau qu’il fait pâlir le jour »… Scandale aux origines, mais devenu chant bouleversant.
Trois épisodes:
1. Se vider de soi / 50’31 – Diffusion le 7 mars 2022 à 15h
2. Histoire de Nadim et de Michel/ 49’25 – Diffusion le 14 mars 2022 à 15h
3.De la transgression naît la connaissance / 49’26 – Diffusion le 21 mars 2022 à 15h
Production: Théâtre Jacques Gueux / Documentaire
Réalisation: Richard Kalisz
Année: 2021
Avec le soutien du Fonds d’aide à la création radiophonique.